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C'est un article dans le Lire de ce mois-ci qui m'a fait découvrir ce petit roman (j'ai eu la chance de tomber dessus en occasion vendredi) Un souffle de légèreté, ça ne peut pas faire de mal !

Martin Martin est un héros somme toute assez banal, dont l'existence n'a rien de bien enthousiasmante. Lecteur pour les Editions Génius, qui publie des navets à compte d'auteur, il vit surtout sur le dos de sa femme Sybille, une artiste peintre sûre d'elle malgré les nullités qu'elle produit (mais qui se vendent bien). Un matin cependant, sa petite vie ordinaire va être toute chamboulée: Martin Martin se rend compte que tout le monde se met à dire tout haut ce qu'il pense tout bas. Ca commence par une cliente à la boucherie, puis chez le garagiste, et bientôt les politiques qui s'en mêlent, ainsi que les voisins d'immeuble, et la famille, la famille... ! Et s'il en profitait pour demander au passage à ceux qui l'entourent ce qu'ils pensent réellement de lui ? Aïe... toute vérité est-elle bonne à dire ?

L'idée du "scénario", simple mais efficace, offre de nombreux passages assez drôles, comme le florilège de post-it déposés par les voisins du héros dans l'immeuble, où chacun se met à exprimer sa pensée. Cela donne de joyeux accès de sincérité comme ceux-là : "Le demeuré mental qui joue de la batterie dans son appartement pourrait-il entrer en contact avec le service consultations de l'hôpital Sainte Anne" ou encore "Je suis amoureux de la locataire de l'apparetement 503. Je l'invite vivement à planter son copain, qui lui est un vrai con.". Entre nous, combien de fois ai-je rêvé de dire à ma voisine d'à-côté que je tuerai bien son petit roquet qui aboie tous les matins à 6h45 ?! Et vous, n'avez-vous jamais rêvé de dire à votre famille ou vos amis le fond de votre pensée ?!

L'auteur joue beaucoup avec son lecteur, lui parlant, le mettant dans la confidence ; c'est assez plaisant. On peut dire au moins que Jean-Pierre Brouillaud ne se prend pas au sérieux et fait sourire qui le lit. "En second lieu, même si je tente de vous associer au déroulement de ce récit, introduisant entre nous une certaine interactivité, c'est tout de même moi le romancier et c'est quand même moi qui décide, non mais c'est quand même un comble."

Un roman léger donc, vous l'aurez compris, qui vous accompagnera à merveille dans ces premiers jours de beau temps. Une petite fable sans prétention, qui ne se veut pas être de la "grande littérature", mais qui fait quand même bien plaisir !

 

Martin Martin, de Jean-Pierre Brouillaud. Editions Buchet et Chastel. 137 pages.