9782070409273

Une fois n'est pas coutume, je me suis attaquée à un classique de la littérature française, et à un de nos auteurs les plus connus, Voltaire. Si j'aime beaucoup lire nos contemporains, je reconnais manquer cruellement de courage pour "attaquer" des ouvrages plus ardus. Ce petit livre de 155 pages dormait donc depuis plusieurs années sur mes étagères (il me semble l'avoir acheté lorsque j'étais au lycée, c'est dire!). Mais je n'ai pas regretté de m'y être attelée.

Zadig ou la Destinée, c'est ce que l'on appelle un conte philosophique. Passé la courte introduction, plutôt pédagogue et claire (ce qui n'est pas toujours le cas pour ce type d'ouvrage), on rentre dans les aventures - et mésaventures surtout - de ce cher Zadig. Ce personnage va éprouver l'injustice à de nombreuses reprises, se tirant de son infortune grâce à son intelligence, sa bonté, sa sagesse. S'il est souvent tenté de se décourager, cela permet à son auteur d'introduire une forme de morale à ces épreuves que la vie lui inflige " (...) qu'il est difficile d'être heureux dans cette vie!". Trahi par ses deux premières femmes, il deviendra Premier ministre du roi d'Egypte Moabdar, avant de devenir esclave, de croiser un ange sous l'aspect d'un ermite, luttera pour l'amour de la reine Astarté, puis sera Roi à son tour...

Si la lecture est moins difficile qu'il n'y parait de prime abord, je déplore pourtant une chose dans cette édition Folio (d'ordinaire, mon édition préférée en poche). La foule de notes, présentes en bas de page et non à la fin de l'ouvrage, desservent à mon sens le texte. Au départ, par acquis de conscience, je les lisais; puis je me suis rendue compte qu'elles me faisaient perdre le fil de l'histoire. Pas toujours pertinentes, elles "embrouillent" le lecteur plus qu'elles ne servent à l'éclairer. Personnellement, je ne vois pas trop l'intérêt de savoir que "Derlback" (nom que Voltaire donne à un village dans le texte) est "sans doute un nom de fantaisie. G. Ascoli suggère une déformation de Diarbeck, nom de la Mésopotamie, et de Diarbékir, nom d'une ville du Kurdistan, sur le Tigre". Voilà le type de notes que l'on peut lire... pour ma part je vous conseille le texte original, sans annotation. A moins de chercher à faire ensuite un commentaire de texte détaillé...

Une découverte qui m'aura donc convaincue de la nécessité de connaitre mieux mes classiques... les lacunes ne sont-elles pas faites pour être comblées?

 

Zadig ou la Destinée, de Voltaire. Editions Folio. 155 pages.