Jean_Paul_Dubois___Hommes_entre_eux

Paul Hasselbank est gravement malade. Chaque jour son corps le lâche un peu plus, les malaises et la fièvre l'assaillent sans prévenir, sa vie est un tourment. Sa femme, Anna, l'a quitté trois ans auparavant. Lorsque la maladie a laissé ses premières empreintes. Pourtant Hasselbank a laissé la voix d'Anna sur leur répondeur. Parfois il appelle chez eux (chez lui seul maintenant) rien que pour l'entendre. Et c'est pour la revoir qu'il va prendre l'avion pour le Canada, où elle s'est envolée.

En arrivant dans la ville d'où est partie sa dernière lettre, il rencontre un étrange naturaliste qui a hébergé sa femme pendant longtemps. Il va lui donner l'adresse de l'homme "entier" chez qui Anna est partie vivre. Il s'agit de Floyd Paterson; solitaire, chasseur, dont la maison est isolée. C'est un homme qui aime se rendre seul en forêt, prendre son arc et ses flèches, viser sa proie après l'avoir longtemps contemplée, et ensuite la tuer au couteau. Un personnage ambigüe, qui inspire à la fois la tendresse et le dégoût. Hasselbank va le rencontrer. Etre hébergé par lui. Etre veillé par lui. Jusqu'à la fin....

J'ai beaucoup aimé l'écriture de Jean-Paul Dubois. La précision du choix des mots, sa faculté à nous faire ressentir les émotions de ses personnages sont épatants. Tout comme son pouvoir de nous transporter au Canada; il neigeait à Paris pendant que je lisais ce livre, et j'étais dans le grand froid et la tempête du roman, en pensée.

Je vous préviens cependant, la fin est déconcertante. Elle en fera sûrement sursauter certains, pour ma part ça a été le cas. Je n'aurais pas pensé que l'auteur puisse donner cette tournure aux dernières lignes, mais en fait c'est cohérent, quand on relis le début du roman, toutes les pièces du puzzle se réassemblent, et finalement tout prend un sens. Un sens aussi violent que les relation des hommes entre eux.

 

Hommes entre eux, de Jean-Paul Dubois. Editions Points. 183 pages.