20090624-e86e0b09Momo a dix ans, il vit à Paris chez Madame Rosa, une vieille juive qui tient un "clandé", un refuge d'enfants de prostituées. Depuis qu'on l'y a déposé, quand il avait trois ans, cette femme est sa seule famille. Alors Momo fait tout ce qu'il peut pour aider Madame Rosa. Il l'aide à porter ses courses dans les escaliers, appelle le médecin quand il voit que l'état de Madame Rosa décline, réunit ses amis du quartier autour d'elle. Car cette femme est guettée par la sénilité, et perd peu à peu ses réflexes, ses repères, sa tête tout simplement. Alors Momo mène un combat contre le temps, et contre la mort, tout en essayant de grandir, parce qu'il le faut.

J'ai lu ce roman fin novembre, et je l'ai tellement adoré que j'ai été figée de peur à l'idée de critiquer un tel miracle de littérature. J'ai été littérallement paralysée à l'idée "d'oser" écrire sur un Prix Goncourt, un livre qui date des années 70 et qui pourtant n'a pas pris une ride, tant les sujets qu'il aborde sont encore d'actualité. Le vieillissement, la solitude, la mixité sociale, la pauvreté, la prostitution, la drogue, le droit de chacun de décider de sa mort sont les thèmes qui jalonnent ce roman et lui donnent toute sa force.

J'ai ri, j'ai été émue, par les expressions enfantines de Momo, par le vocabulaire extraordinaire de cette Madame Rosa d'un autre temps. J'ai redouté de la voir partir, j'ai craint pour cet enfant si seul qu'elle ne le laisse sans personne pour s'occuper de lui. J'ai eu peur avec tout l'immeuble des descentes de la police. Des thèmes tellement actuels, je vous le disais, qu'ils ne peuvent nous laisser insensibles...

Je n'en ferais pas des tonnes, je n'ai pas envie non plus de me lancer dans une explication de texte que d'autres avant moi ont certainement bien mieux faite. Je voulais juste vous convier à plonger dans ce petit bijou, ce texte débordant d'amour et d'humanité.

 

La vie devant soi, de Romain Gary. Editions Folio. 274 pages.